Revue de presse

L’œuvre peinte de Cécilia Shishan entame cet automne une vingtième année de constantes recherches, de lente évolution, de maturation et depuis peu de réelle mutation.

Fascinée par l’univers de l’enfance, l’artiste traduit toute la poésie et la vulnérabilité de petits êtres singuliers, saisis en de délicates poses offertes au regard abrupt des adultes. Les tonalités fruitées dont la peintre les habille pourraient nourrir l’idée d’une harmonie naturelle. Mais la mise en page du personnage – souvent petite fille solitaire – rectifie cette impression naïvement enchantée. L’enfant est exposée, contrainte dans un réseau de filets qui gêne son élan ; son regard grave dit son interrogation sur le monde. L’étrangeté de ces portraits nous interpelle. A cent lieues du réalisme photographique, l’artiste propulse un sujet observé dans l’aventure de la peinture contemporaine avec ses hésitations, ses repentirs, ses coulées de matières, son apparence inachevée – une incomplétude qui s’accorde avec le statut en devenir de l’enfance.

Rien d’appuyé dans la démarche picturale de Cécilia Shishan. Dans le processus de création, se devine la mise en condition mentale, les préalables graphiques, et puis l’acte de peindre comme une décharge émotionnelle avec ce mélange de maîtrise et d’imprévu.

Depuis peu l’artiste s’exprime sur le mode abstrait. Un univers qui n’a d’abstrait que le nom : un monde cellulaire, organique, grouillant de vie, de matières végétales, sanguines, bactériennes sur fond d’incandescence. Un beau travail très maîtrisé qui nous offre des gros-plans chimiques où prolifère la vie microbienne, pulpeuse, gorgée de sève.

Une peinture « all over » comme un échantillon du cosmos.

Louis Richardeau, novembre 2018
Historien d'art



Quelques parutions dans la presse

Dialogue avec Cécilia

Interview par TéléSambre en 2007